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Ewa Karpinska a choisi de parler à travers l’aquarelle, dans sa variante la plus difficile : humide dans l’humide. La mouvance de l’aquarelle s`accorde avec sa manière de voir la vie. La peinture qui parle son propre dialecte, qui n’emprunte pas de vocabulaire aux autres langages, l’intéresse particulièrement. Peinture comprise dans ce fugitif état de conscience, quand la parole est rugueuse comme or natif, se cherche, hésite, et reste en équilibre fragile avec la «vision». Dans cet état de conscience particulier, le travail de l’eau, par la subtile sculpture des pigments en suspension, permet de faire ressurgir des sensations tactiles : prennent corps des surfaces rugueuses, granuleuses, lisses, soyeuses.
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